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26/07/2024

Prévenir la perte d'humus

Source: landwirt.com

Les résidus de culture et le fumier de ferme augmentent la teneur en humus et les réserves du sol. Cependant, l’incorporation de résidus de culture augmente également les émissions de gaz à effet de serre.

L'humus comprend toute la matière organique morte du sol et est constitué d'environ la moitié (environ 58 %) de carbone organique. Les résidus végétaux sont le produit de départ de la formation de composés humiques stables. Ces résidus sont constitués, d'une part, de composants facilement dégradables tels que les glucides et les composés azotés et, d'autre part, de composants ligneux plus lentement dégradables tels que la lignocellulose. Après décomposition microbienne, la partie non minéralisée est liée sous forme d'humus.

Selon les directives pour une fertilisation appropriée, 0,5 à 2,0 t de CaO (= chaux pure)/ha peuvent être appliquées sur des terres arables non alcalines tous les quatre à six ans, en fonction de la gravité du sol. Cela favorise la formation de complexes argilo-humiques particulièrement importants dans le sol. Les complexes argilo-humiques sont des particules de sol constituées à la fois de substances organiques (humus) et inorganiques (minéraux argileux). Les minéraux argileux et l’humus se combinent pour former des particules de sol, créer des couches arables riches en humus et améliorer la structure du sol. Cela permet une bonne aération et un développement vivant du sol.

Il favorise également l’activité de la vie du sol. L'humus a également une influence importante sur l'équilibre nutritif et hydrique. En raison de sa couleur foncée, le sol se réchauffe très rapidement au printemps. De plus, l’humus possède un potentiel azoté qui peut être mis à disposition des plantes pour leur croissance grâce à la minéralisation. La température, la teneur en eau et le pH ont la plus grande influence sur la disponibilité.

Réduire les gaz à effet de serre

Le dioxyde de carbone (CO2) et l’oxyde nitreux (N2O) sont parmi les gaz à effet de serre les plus importants responsables du changement climatique. Les sources les plus importantes de CO2 sont la déforestation, la conversion des prairies à l’agriculture et le drainage des zones humides. L’augmentation de la teneur en humus dans les sols arables peut contrecarrer la perte de CO2.

Il est connu que les machines lourdes provoquent un compactage important du sol sur les sols humides. Cela détériore sensiblement la structure et l’aération du sol. Il en résulte une augmentation des émissions d’oxyde nitrique et des pertes d’azote, ce qui entraîne une diminution de la capacité d’utilisation de l’azote. Cela augmente les coûts des engrais azotés et détériore les résultats économiques.

Les engrais organiques les plus importants qui augmentent la teneur en humus du sol sont le fumier, le lisier, le compost et les résidus de culture. Bien que davantage d’humus puisse être enrichi avec du fumier, l’incorporation de résidus de culture est considérée comme une méthode de gestion des sols écologiquement durable et rentable pour améliorer la fertilité des sols. Ce procédé permet notamment aux exploitations sans élevage d’améliorer leur bilan humique.

Les résidus de récolte sont durables

Le projet de recherche de l’UE « CATCH-C » étudie les facteurs pertinents pour les agriculteurs en matière d’utilisation des terres. L’objectif est de développer des pratiques de gestion durable des sols. « Durable » signifie la préservation à long terme de la fertilité des sols, l’atténuation du changement climatique et l’assurance de rendements élevés. En outre, l’expérience des bonnes pratiques agricoles est mise à la disposition des décideurs politiques et des conseillers pour le développement ultérieur des mesures de protection des sols et du climat.

Les résultats des essais sur le terrain menés à travers l’Europe montrent que les niveaux et les stocks de carbone augmentent lorsque les résidus de culture sont incorporés au sol. Les sols argileux ont des teneurs et des stocks de carbone organique plus élevés. En revanche, les sols à faible teneur en argile ont généralement des teneurs et des stocks de carbone organique plus faibles. Avec l’augmentation de la durée des essais (dix à vingt ans) d’incorporation des résidus de culture, les teneurs en carbone organique augmentent de 6 à 11 %. De même, les stocks de carbone du sol n’augmentent qu’après une période d’essai moyenne de dix ans. Par conséquent, seule l’incorporation à long terme des résidus de culture permet une amélioration de la qualité physique, chimique et biologique du sol. Les zones climatiques ont une influence dans la mesure où les stocks de carbone augmentent de 7% dans les latitudes tempérées par rapport à la zone climatique méditerranéenne (+3%).

Les résultats des essais sur le terrain menés à travers l’Europe montrent également que l’incorporation de résidus de culture sur des sols à faible teneur en argile (< 18 %) augmente les émissions de CO2 de 7 fois. Les émissions de N2O présentent un tableau similaire, avec des augmentations moyennes pouvant aller jusqu’à 13 fois supérieures à celles attendues. La contradiction apparente (teneurs/stocks de carbone organique plus élevés – émissions de gaz à effet de serre plus élevées) peut s’expliquer par l’activité microbienne plus élevée avec l’incorporation de résidus de culture. En particulier, les émissions de gaz à effet de serre augmentent avec la première utilisation de la méthode de gestion des sols.

Les résultats des émissions de dioxyde de carbone et d’oxyde nitreux provenant de l’agriculture deviennent un sujet de plus en plus important pour les institutions de conseil et les agriculteurs, mais ils ne sont mesurés que dans quelques essais sur le terrain.

Conclusion

L’incorporation des résidus de culture dans le sol est un outil important pour les agriculteurs afin d’améliorer la qualité physique, chimique et biologique du sol et de garantir le potentiel de rendement des sols agricoles. Les niveaux et les stocks de carbone en bénéficient, même s’il ne faut pas oublier l’augmentation des émissions de CO2 et de N2O. Laisser les résidus de récolte sur le terrain permet une utilisation prudente des ressources et réduit les coûts. Pour obtenir une déclaration complète sur l’impact climatique, des mesures de CO2 et de N20 tout au long de l’année dans le cadre d’essais sur le terrain à long terme seraient nécessaires.

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